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Dans ce blog mon journal intime & aide css et design ect... un peu de tous, beaucoup de rien < -_- > Beaucoup de choses s'y trouve, un peu de moi s'y perd...

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Le taureau du jaril

Le chemin du Jaril au Tertre était autrefois bordé de grands arbres qui formaient comme une voûte. Les soirs de tempête, le vent qui s'y engouffrait soufflait avec une telle violence que des chênes y perdaient quelquefois leur tête.

 

Personne n'osait sortir de sa chaumière. Le mugissement du vent faisait peur.

 

D'autant plus qu'un taureau furieux, venu d'on ne sait où, profitait des circonstances pour se manifester. Il fonçait tête baissée vers le Jaril et renversait tout sur son passage en joignant son beuglement à celui du vent.

 

Tout le monde se souvenait de cette paire de bœufs attelée à une charrette et bousculée par le taureau en furie. Les deux bêtes avaient été tuées ainsi que le bouvier.

 

On dit aussi que les haies entourant les courtils du Jaril s'étaient trouvées bien des fois à point nommé pour arrêter la course de l'animal. Sinon, il se serait fracassé contre les murs de la ferme.

 

Les gens, ne sachant pas comment s'en débarrasser, en parlèrent à un vieux prêtre en retraite dans sa famille au Tertre. Le prêtre y vit là une intervention du diable. Les habitants du Jaril et du Tertre étaient de bons chrétiens qui ne manquaient jamais la messe. Le diable ne l'appréciait sans doute pas et cherchait à se venger.

 

Un soir où la bourrasque se faisait violente, le prêtre revêtit son surplis, passa son étole autour de son cou et, son goupillon d'eau bénite à la main, s'en alla attendre le taureau au bord du chemin. Il savait que le diable, si c'était lui, n'aimait pas cette eau qui le brûlait...

 

Mais l'animal déboucha si brusquement devant le prêtre, que ce dernier n'eut pas le temps de l'asperger, ou tout au moins cette eau sacrée ne l'atteignit pas. Le taureau poussa cependant un beuglement épouvantable, suivi aussitôt d'un ricanement saccadé.

 

- C'est bien le diable pensa le prêtre. La prochaine fois, je l'aurai. Lors de la tempête suivante le prêtre se tint sur ses gardes. À son passage, le taureau fut copieusement arrosé d'eau bénite et poussa des beuglements encore plus épouvantables que la fois précédente. Ils furent même entendus jusqu'à la Ménardais et la Hocquinais. Il n'y eut point de ricanement, mais depuis ce temps-là personne n'a jamais revu ni entendu le taureau furieux.

 
(Tradition orale de GUIPRY).
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