Petits bonhommes noirs, aux longs cheveux. Malgré leur maigreur, montrent une force prodigieuse. Ils portent des vêtements courts, inusables, de toile grise pour les jours ordinaires, de couleur vive quand ils vont aux noces et aux fêtes. Les korrigans de sexe masculin ont sur la tête un grand chapeau à ruban de velours et les Korriganes, un petit bonnet violet
Ils apparaissent la nuit venue dans nos campagnes et se tiennent le jour cachés dans les buissons, les tertres ou les greniers. On ne peut les voir que la nuit danser au clair de lune car depuis la venue du christianisme en Bretagne, ils sont obligés de se cacher. Loin d'être immortels, ils naissent et meurent sous terre aujourd'hui. Ils sont certainement à l'origine de la vénération des dolmens car ils adorent y festoyer.
Ils peuvent être "domestiqués"et n'hésitent pas à rendre service aux hommes lorsqu'ils sont dignement traîtés. L'ouvrage ne leur fait pas peur : nos génies sont dotés d'une force extraordinnaire. Ils aiment s'occuper des chevaux et assistent volontier la ménagère.
Ils ne sont pas méchants mais simplement espiègles. Ils jouent des tours pendables à ceux qui leur manquent de respect, mais à ceux qui les traitent comme il convient, ils témoignent de la bienveillance.
On raconte qu'un jour, un bossu vient à passer près d'une clairière. Il apperçoit des korrigans qui s'amusent à chanter :
- "Lundi, mardi, mercredi, ...lundi, mardi, mercredi...".
- Ben alors, les korrigans, elle est pas finie, votre chanson, moi je peux vous donner la suite ! se moque gentiment notre bossu.
- Attention, disent les korrigans, si ce que tu nous promets n'est pas à la hauteur de nos souhaits, tu seras séverement puni de ton audace !
Et le bossu de chantonner :
- Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi, et puis le dimanche aussi et voilà la s'maine finie !
- Hourra ! crient les korrigans tellement ils sont contents ! Notre chanson est plus longue à présent ! Dis-nous c' que tu souhaite : argent, beauté ?
-Ben, si vous pouvez, j'aimerais bien me séparer de ma bosse.
Sitôt dit, voilà les korrigans qui s'emparent du bossu, et le jettent dans un trou.
Quand il réapparaît, le voilà tout droit notre bossu ! Tout beau !
Souvent, les intrépides ont moins de chance. Quiconque essaie d'entrer dans la ronde des korrigans se voit piégé toute la nuit jusqu'à épuisement. Ce sont des êtres facétieux qui peuvent se réveler dangeureux.
Vengeance de lutin, on n'en voit pas la fin dit le proverbe.